| Les temps sont durs et les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules... Ainsi, un livre dont nous avions entendu parler et pour lequel on nous prédisait « le pire », a fini par atterrir entre nos mains. Sachez-le, le résultat est bien au-delà de ce que nous redoutions : ni plus ni moins qu’une deuxième mort de Guy Môquet !
Cosigné par Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, professeurs et surtout spécialistes en anticommunisme lucratif, ce torchon s’appelle l’Affaire Guy Môquet, enquête sur une mystification officielle. Le titre résume à lui seul le contenu. D’ailleurs, le supplice du jeune Guy n’est qu’un prétexte. La quasi-totalité du livre n’existe que pour dénoncer toute idée d’engagement plus ou moins communiste. Le parti pris, qui se base en totalité sur la parole policière de l’époque (sic), vise autant à plaquer un « point de vue » sur l’histoire qu’à sa falsification. Nos deux grands « enquêteurs » doutent en effet que Guy Môquet ait été résistant en quoi que ce soit, puisque, affirment-ils, il n’a jamais tué le moindre Allemand... Leur sentence est donc contresignée : vivant ou mort, Môquet n’était pas un héros.
Mais tenez-vous bien. Berlière et Liaigre légitiment les arrestations des députés et autres militants du PCF, ce « parti de l’étranger ». Pourquoi les justifient-ils ? Parce qu’elles étaient conformes à la loi ! Vous avez bien lu. Il aurait fallu par la même occasion passer de Gaulle par les armes et tous ceux qui refusaient le régime de Vichy, l’Occupation... Forcément, que vient faire un gamin de dix-sept ans fusillé en 1941, un titi parisien qui n’aurait même pas été torturé lors de son passage à la préfecture de police, sauf « une gifle peut-être », osent-ils écrire... N’en jetez plus. Môquet, Timbaud, le député Charles Michels et les martyrs de Châteaubriant, tous les suppliciés du Mont-Valérien sont-ils donc morts pour que, soixante-dix ans plus tard, un débat de démagogues sur l’« identité nationale » remette au goût du jour une vision ethnicisée de la France empruntée à Maurras, Barrès et Pétain, rouvrant la voie à tous les extrémistes ?
Après l’agression faite à la mémoire de Môquet par Nicoléon, on aimerait franchement connaître les commanditaires de ce livre qu’il ne faut surtout pas acheter. Le nôtre a fini dans la poubelle. |