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Ils comptaient aviver les combats de chefs et le « choc des ego » pour disperser l’opposition à leur politique. Ils attendaient notamment l’éclatement du courant du Nouveau Parti socialiste (NPS) lors des journées d’été que le mouvement tient à Fouras en prélude à l’université d’été du PS ce week-end à La Rochelle.
Une stratégie a été adoptée
La presse s’était largement fait l’écho de dissensions entre les deux animateurs du NPS, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg. Ce dernier avait préconisé de s’allier avec les autres courants et leaders du « non » pour renverser la majorité Hollande. Vincent Peillon optait pour une stratégie plus « prudente », laissant apparemment ouvertes d’autres possibilités d’alliances. Au bout du compte, visiblement à la suite d’une initiative d’un autre dirigeant NPS, Benoît Hamon, un accord entre les deux leaders était trouvé et c’est à l’unanimité que les mille deux cents participants aux journées de Fouras ont adopté une résolution arrêtant une stratégie pour le congrès du Parti socialiste en novembre prochain. Une stratégie qui ne devrait pas simplifier la tâche de l’actuel premier secrétaire du PS.
La motion votée indique d’abord que le NPS déposera en vue du congrès sa propre motion d’orientation. Cette motion s’inscrira « dans l’engagement sans ambiguïté de rechercher la construction d’une majorité ancrée à gauche, alternative à la direction actuelle ». Pour le NPS, cette majorité devra se constituer autour « d’un contrat de majorité » sur des priorités politiques telles que « la VIe République, parlementaire, démocratique, laïque et sociale », « la République européenne », « un nouveau regard sur la croissance intégrant la problématique du développement durable » et un « nouveau contrat social » qui stipule notamment la remise en cause des réformes adoptées par la droite (retraites, santé), la lutte contre la précarité, pour le pouvoir d’achat et la défense des services publics. La motion adoptée indique que d’ores et déjà la lecture des contributions déposées permet de constater des convergences qui vont « dès à présent au-delà des partisans du "non" » et que le contrat de majorité devra prendre sa forme « dans la clarté, devant les militants ».
Pour une majorité ancrée à gauche
Le NPS s’inscrit donc sans ambiguïté dans la construction d’une nouvelle majorité, ancrée à gauche, et qui exclut le compromis avec l’actuelle direction. Il veut être « le pivot » de ce rassemblement majoritaire et semble renforcé : il a accueilli mercredi notamment l’adhésion du président de la région PACA, Michel Vauzelle, et celle de l’un des principaux dirigeants de la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, Guy Bono. En finir avec la direction actuelle, sa politique, « le réformisme de gauche » et « l’accompagnement du libéralisme », les combinaisons et compromis qui échappent aux adhérents, c’est une volonté forte de ces militants du NPS qui ont pour la plupart, ouvertement en socialistes comme Gérard Filoche et bien d’autres, ou à travers leur appartenance à des associations, milité pour le « non » au traité de constitution européenne.
L’histoire des congrès socialistes a montré qu’il fallait être prudent, que les stratégies de départ les mieux affirmées pouvaient s’avérer obsolètes dans les transactions brumeuses des petits matins de congrès. Il faudra compter avec la volonté exprimée des militants du NPS de rénover le PS en l’ancrant à gauche. Et de ne pas se laisser dessaisir.
Olivier Mayer |