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L’auteur souligne d’emblée qu’en Loire-Atlantique les socialistes privilégient leur alliance avec les Verts. La minoration actuelle du Parti communiste n’est pas sans conséquence sur le réformisme assumé des dirigeants socialistes, qui font du terrain municipal, le lieu privilégié de cette posture décomplexée. Alors que les Verts auraient pu pâtir des faibles scores enregistrés par D.Voynet, il n’en est rien. « Au contraire, l’accord électoral conclu entre le PS et les Verts en Loire-Atlantique, officialise une nouvelle fois le rôle prépondérant de cette alliance, qui vient signifier aux yeux de tous, la volonté des deux partenaires de tirer le bilan des gestions locales parfois communes et de généraliser l’entente, en prenant même en compte la représentation des Verts au Conseil général ».
Banalisation du « développement durable »
Autre élément à l‘approche du scrutin : « la grande récupération » de l’environnement. « On ne peut qu’être frappé par la place prise dans les rhétoriques municipales par la protection de l’environnement, par la thématique du développement durable (...) transformant les journaux d’information municipale, départementale et régionale, en guides naturalistes, au risque de faire passer les collectivités locales pour de simples annexes de Greenpeace ou de WWF ». Transformé en lieu commun, « il s’inscrira comme tête de chapitre de tous les programmes municipaux, de droite, de centre-droit, de gauche ».
Avec l’appropriation générale du thème, les Verts s’agacent, « au risque d’apparaître comme des rentiers du développement durable », dont les initiatives présidentielles, largement médiatisées, les ont dépossédés.
Mise en cause de la légitimité partisane
Dans ce contexte se trouve aussi posée la question du pouvoir local, tant dans ses fondements que dans ses pratiques. Ainsi que celle de « la légitimité du parti, comme lieu de médiation ou de mise en forme politique du social ». Avec une dénonciation en règle de la notabilisation, de la professionnalisation, voire de l’instrumentalisation du parti, plus transformé en courroie de transmission qu’en caisse de résonance de la vie locale.
Pourtant, souligne-t-il, la gauche dite alternative, associative et écologiste, révèle les mêmes caractéristiques sociales que le PS : surreprésentation des classes moyennes, des fonctionnaires, des surdiplômés.
Deux scénarios
Le premier est celui d’une campagne “molle”, où les clivages porteraient moins sur les dossiers et les propositions, que sur les candidats et leur style de gouvernance. Avec l’hypothèse que l’électorat centriste étant déterminant, il faudrait dès lors faire preuve d’une grande volonté de modération, de retenue, en accord avec l’aspect passe-partout des programmes avancés.
L’autre hypothèse reste cependant que ces élections puissent offrir une utile occasion de refonder du clivage et de l’identité politique contrastée. Avec, au-delà du seul développement durable, une repolitisation, sinon une “nationalisation” du débat, par un retour à des thématiques plus classiques.
L’auteur suggère pour conclure que « sur le foncier et le logement, sur la pauvreté et l’exclusion, sur la culture, sur l’école, sur la recherche et l’enseignement supérieur, sur l’intégration et sur la place de l’étranger (entre autres sujets possibles) les débats qui traversent la société locale, les inquiétudes qui se font jour méritent, avant même d’être l’objet d’éventuelles propositions concrètes et de politiques publiques locales, un effort de mise en forme préalable, plutôt que d’euphémisation, de dénégation ou d’évitement ».
Un article qui mérite une lecture intégrale et suscite une réflexion rejoignant certaines observations militantes de terrain. Par ailleurs, la revue propose également un riche dossier sur thème : « Nantais, Nazairiens, qui sommes-nous ? » avec des articles et contributions de géographes (D.Rapetti, J.Renard), de sociologues, d’historiens (D.Guyvarc’h) et d’aménageurs (P.Pailloux).
Place Publique n°7, Janvier-Février 2008, 162 p., 10 €. |