| Le territoire de santé de la région nazairienne compte 270 000 habitants. Une population multipliée par trois pendant l’été. Avec la cité sanitaire, nous devrions bénéficier, d’ici 2011, d’un établissement moderne, de plateaux techniques performants et d’avant-garde. On attend de cette réalisation des effets d’entraînement sur l’emploi et l’activité économique (sous traitants, laboratoires, recherche...), l’aménagement du territoire, les transports. Apparemment, donc, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que... Le futur établissement, activement parrainé par Claude Evin (ancien ministre de la santé de la gauche plurielle), fait entrer le loup dans la bergerie.
Au prétexte que l’investissement est très lourd, que le secteur public ne peut pas le financer seul, le projet prévoit une répartition des locaux et des compétences entre le service public (le centre hospitalier de Saint-Nazaire) et le secteur privé (Les Mutuelles de Loire Atlantique). Le risque immédiat de ce regroupement, c’est la « mutualisation » des moyens et la tentation de réaliser des économies sur le personnel (1600 personnes) au détriment de la qualité du service rendu. C’est aussi la tentation « d’ externaliser » (pour ne pas dire privatiser) certains services (la blanchisserie, de la stérilisation, les laboratoires...). On sait déjà que l’offre de soins sera privée en cancérologie. On sait aussi que les mutuelles et l’hôpital seront locataires des bâtiments qui vont être construits par un Groupement d’Intérêt Economique (GIE). Cette perte de souveraineté dans la construction comme dans la gestion du futur établissement entraîne, dès à présent, des discussions sur le nombre de m2 nécessaires. Il y a gros à parier que le profit à deux chiffres, exigé par les actionnaires, entrera vite en contradiction avec la nécessité de réaliser fréquemment des investissements lourds dans un secteur où la technique se renouvelle sans cesse. Les risques de dérapages sont d’autant plus grands que la cité va voir le jour dans un contexte où la rentabilité financière est le seul credo que connaissent ceux qui nous gouvernent. A peine entrée en fonction, la nouvelle ministre de la santé vient nous le rappeler. On comprend pourquoi, sans candidat communiste aux élections législatives, ce dossier aurait échappé au débat citoyen. Ses promoteurs savent qu’ils s’apprêtent à donner une mauvaise réponse à ce qui était, au départ, une très bonne question. |