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L’invitation :
Résumé synthétique du débat.
Devant une salle du café
de la Boule d’Or comble et diverse, après que J-Y Martin ait présenté l’initiative
et les modalités du déroulement du débat, Christian Saulnier s’appuie notamment
sur les exemples nazairiens du Plan Power 8 d’AIRBUS et du rachat de Aker Yards
pour souligner que la campagne n’a pas établi avec assez de netteté une connexion
entre les problèmes régionaux rencontrés et les grands enjeux politiques de l’élection
présidentielle, selon lui ceux du changement de société, pour rompre avec la précarité,
le chômage, l’insécurité sociale.
Dans
ces conditions, le débat souligne d’abord le niveau d’indécision des électeurs,
palpable au plan local, à 48 heures du scrutin. Cependant, les gens ne sont pas
nécessairement « paumés », suite à une campagne pourtant jugée « faible,
minable, petite », en l’absence de vrais débats projet contre projet. Ils
attendent surtout le dernier moment pour bien peser leur vote et « ne pas se
rater ».
Dans
les déterminations, on évoque volontiers le poids des traumatismes successifs
de la gauche : en remontant jusqu’au virage libéral de 1983, jusqu’à « l’échec
de la gauche plurielle ». L’exemple de la participation gouvernementale des
ministres communistes est évoquée, à travers le cas de J-C Gayssot et de la SNCF.
L’appréciation d’abord plutôt tranchée, est ensuite nuancée dans le débat, y compris
entre les cheminots présents.
Bien
que son propre passage au ministère de la jeunesse et des sports soit apprécié,
notamment pour sa lutte contre le dopage, la crainte existe que le score du vote
sur la candidature de Marie-George Buffet n’ait à supporter les stigmates des
difficultés ainsi accumulées.
Plusieurs
interventions expriment aussi des regrets suite à l’échec de la construction antilibérale.
Mais tous les regrets rétrospectifs ne peuvent plus rien changer à l’imminence
de l’échéance. L’heure du bilan viendra. Il devra intégrer non seulement la vraie
« chronologie » de l’échec, mais toutes les révélations du déroulement
de la campagne pour chacune des candidatures se réclamant de l’antilibéralisme,
dont celles de Besancenot et de J.Bové.
Et,
malgré tout, en l’absence d’une candidature antilibérale commune, Marie-George
Buffet - elle-même légitimée par une majorité des collectifs antilibéraux locaux
et par les militants du PCF consultés à deux reprises - mène une bonne campagne,
digne, en bonne avocate au plus près des 125 propositions établies par les collectifs
antilibéraux locaux.
Si
la question de la prise en compte de la « radicalité » populaire est évoquée,
celle de son nécessaire débouché politique, au-delà d’un « pôle de radicalité
» jugé trop restreint, aussi.
Et
comme certains se désolent d’avance, prenant pour argent comptant les pronostics
des sondages, d’autres en soulignent aussi la fragilité, et pensent que bien des
choses restent possibles, y compris de meilleures surprises que les catastrophes
trop annoncées.
Certes
la situation n’est pas simple. Avec un pesant chantage du PS au « vote utile
» S.Royal nourrissant la crainte d’un 2002 bis. Mais 2007 n’est cependant pas
2002. Cette fois, c’est bien la droite qui est « sortante ». Sarkozy triche
avec sa soi-disant « rupture », et empiète sur les thèses du FN. Or, pour diverses
raisons - y compris les nombreux derniers sondages du jour - un second tour Sarkozy-Royal
devient plus que probable, pouvant libérer les votes « par défaut », en votes
« par conviction, selon les attentes ».
Les
prises de positions de M.Rocard, de B.Kouchner, après celle de D.Cohn-Bendit ,
sur une éventuelle alliance UDF-PS-VERTS, ajoutent un enjeu supplémentaire au scrutin
de dimanche. S.Royal et le PS ayant seulement renvoyé après le 1er tour l’opportunité
d’examiner cette perspective, le vote M-G Buffet devient dès lors le vote de l’ancrage
à gauche contre cette menace de recomposition du paysage politique sur le modèle
de la « coalition » allemande.
Un
débat parfois vif, mais très riche, qui n’a rien occulté, dont tout le monde
s’est finalement réjoui et qui aura des suites, notamment à l’étape suivante des législatives.
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